26 avril 2026

Fernando Alonso : d’une discipline à une autre

En 2017 et 2018, las du manque de performance de sa F1, le champion espagnol Fernando Alonso se tourna vers d’autres disciplines afin de juger son niveau.

Il n’est pas déçu. Lors de sa première tentative aux 5200 miles d’Indianapolis, sur un châssis McLaren muni d’un moteur Honda préparé par l’équipe Andretti, il frôle la victoire. Le moteur Honda cède à quelques tours de la fin de la course, alors qu’il se trouve dans le peloton de tête.

Alonso est adoubé par les patrons du paddock et la presse nord-américaine suite à sa prestation. Suite à cette expérience, il bifurque vers l’endurance et remporte à deux reprises les 24 heures du Mans. Lors de sa première victoire, il effectue un relais de longue durée durant la nuit et aligne les tours en mode qualification à la joie de la foule. Il remonte l’autre Toyota et installe la sienne à la première place, qu’elle ne quittera plus jusqu’à l’arrivée.

Malgré ses succès, Alonso reste sur sa faim du fait de la supériorité des Toyota sur l’ensemble du plateau. En 2019, il s’aligne aux 24 heures de Daytona. Au volant d’une Cadillac Dpi-V.R, pour le compte du Wayne Taylor Racing. Jordan Taylor choisit pour le tour de qualification, signe le sixième temps. Les coéquipiers du champion asturien ne prennent aucun risque lors des premières heures de la course. Alors que la nuit arrive, Alonso effectue son premier relais. La foule est en ébullition et le show commence.

Septième, il remonte et dépasse tous ses adversaires et installe la Cadillac en tête de la course. Au gré des arrêts des ravitaillements, la Cadillac reste aux avant-postes. Au petit matin, il ne reste plus qu’à Fernando Alonso lors de son autre relais, d’exploser les chronos. Il emmène ainsi ses coéquipiers à la victoire sur une voiture qui ne faisait pas partie des favoris. Pour bien des observateurs, c’est une des plus belles victoires obtenues par le champion espagnol. Aucunement rassasié, le champion asturien tente une troisième aventure hors Formule 1. Après l’Indy, l’endurance, le rallye-raid. Changement de décor avec les dunes et le désert.

Cette fois, le passage à une nouvelle formule est plus problématique. Si le champion espagnol se comporte correctement, il reste loin des meilleurs de la discipline. Il s’aligne de nouveau aux 500 miles d’Indianapolis. Sa voiture mal préparée ne lui permet pas de se qualifier pour la course. De nouveau en Formule 1 après un break, le champion asturien s’est promis de revenir à Indianapolis, après la fin de sa carrière en F1.

Premier bilan

On ne trouve guère de pilote en Formule GP à travers l’histoire du sport automobile qui ait réussi à être dominateur dans d’autres formules. En sport automobile, chaque discipline relève d’un exercice particulier. Cela demande des facultés d’adaptation exceptionnelles.

Lors de ses trois expériences, Alonso a pu mesurer l’écart qui peut exister entre les meilleurs de chaque discipline. Son bilan n’est pas mauvais. Il s’est montré à la hauteur et même excellent en endurance et en formule Indy. Le rallye-raid qui se dispute hors-piste s’est avéré difficile.

Si le champion asturien ne peut  rejoindre les plus grands au sommet de l’Olympe du sport auto, il a néanmoins rouvert la porte et peut viser la triple couronne. Monaco, le Mans et les 500 miles d’Indianapolis. Un champion qui reste confiné à ses performances dans une seule discipline n’aura jamais l’aura et le respect d’un pilote victorieux dans différentes formules.

Quand un champion de Formule  GP performe dans d’autres catégories du sport automobile,  il atteint un tout autre statut, celui du pilote total. Dans cette catégorie, et depuis un siècle, ils sont une demi-douzaine à l’heure actuelle.