6 octobre 2026

La photographie est un art par Don Morley

C’est à l’âge de onze ans que Don Morley attrape le virus de la photographie. Né en 1937 dans le Derbyshire, au sein d’une famille aisée, le jeune Morley trouve dans la photographie une forme d’éveil. Adolescent, il s’intéresse peu à l’école, à l’exception des arts plastiques et du sport. Peu après, il se découvre une passion pour la moto et acquiert une BSA de 500 cm³, au grand dam de son père qui le destine à une carrière d’ingénieur dans le secteur ferroviaire.

À dix-sept ans, Morley travaille en freelance pour un premier magazine, puis pour plusieurs journaux locaux. C’est le début d’une longue ascension qui va le mener beaucoup plus loin qu’il ne pouvait l’imaginer. Il faudrait une dizaine de textes pour énumérer les réalisations de Don Morley dans le monde de la photographie. C’est dans le domaine du motocross, sa grande passion, que Morley fait ses premières armes. Durant un temps, il hésite entre la profession de photographe et sa passion pour la course motocycliste, notamment le trial.

Sans argent, il privilégie finalement la photographie, sans pour autant abandonner sa discipline favorite. Il tisse des liens avec les participants et pratique lui-même le trial en amateur. Morley n’en reste pas là. Il couvre les Grands Prix motocyclistes ainsi que la Formule 1 pour un média national. Ses photographies deviennent rapidement une référence dans le monde des sports mécaniques. Fort de cette renommée, Morley profite de son statut pour s’ouvrir à d’autres horizons que le sport.

Morley profite de sa renommée pour s’ouvrir à d’autres horizons que le sport. Il immortalise les Beatles ainsi que d’autres vedettes de la scène musicale. Il élargit son champ d’action à de nouvelles disciplines et se retrouve notamment aux premières loges, au plus près des gants de Mohammed Ali. Il suit également le circuit ATP, couvre plusieurs Coupes du monde de football et accumule les récompenses. Sa polyvalence et son regard font rapidement de lui un photographe recherché, capable de passer d’un terrain de sport à une scène de concert sans jamais perdre ce qui caractérise son travail : saisir l’instant. Ayant pratiqué l’athlétisme dans sa jeunesse, il couvre notamment les Jeux olympiques.

En 1972, il se trouve à Munich au moment de la prise d’otages de la délégation israélienne par le groupe terroriste Septembre noir. Morley se positionne à quelques dizaines de mètres des preneurs d’otages et des prisonniers et réalise une série de clichés qui se répandent rapidement dans les médias internationaux. Sa renommée est alors telle qu’il est sollicité pour accompagner la campagne électorale qui conduira Margaret Thatcher au 10 Downing Street.

Sa carrière est jalonnée de récompenses. Sa notoriété est également utilisée à des fins commerciales : il devient notamment l’un des visages associés à des firmes comme Olympus, dont il vante les caractéristiques des nouveaux modèles disponibles sur le marché. Pourtant, malgré cette odyssée particulièrement riche dans le monde de la photographie, Morley ne s’est jamais détourné de sa passion initiale : le motocross.

Au fil des années, il se constitue une impressionnante collection de deux-roues de toutes sortes, dont certaines machines aujourd’hui particulièrement recherchées. L’odyssée de Don Morley dans la photographie est également indissociable de l’évolution du matériel utilisé au fil des décennies. À ses débuts, il travaille avec le format sur plaque de verre. Pour Morley, c’est le meilleur des apprentissages. Le nombre de clichés disponibles étant limité, chaque déclenchement compte.

Minutieux, il prend également soin de développer lui-même le fruit de son travail. Peu après, il opte pour la pellicule, avant de passer, bien plus tard, au numérique. Grand bavard, doté d’un humour naturel et toujours prompt à raconter une anecdote, Don Morley reste, au milieu de son garage rempli de Norton, Triumph et Royal Enfield, un témoin privilégié de son époque. Un homme qui a traversé plusieurs générations de photographes, plusieurs révolutions techniques et une multitude de mondes. Avec toujours, au bout du compte, la même passion. La photographie.