11 mars 2026

Jeu sous surveillance

Quand on parle d’un football en crise, on a tendance à s’épancher sur ce qui se passe à la rubrique économie, ou bien à écouter les états d’âme des joueurs, entraineurs et supporters. En filigrane, on ne parle presque jamais du jeu. Or, c’est un fait, le niveau de jeu s’est effondré sur les deux dernières décennies.

Les années quatre-vingt sont agitées, hooliganisme et apparition des droits télé. Les années quatre-vingt-dix et deux mille sont marquées entre autres par des réformes successives concernant les compétitions européennes et l’arrêt Bosman. Un autre sujet est discuté au sein des gouvernances conjointes de la FIFA et de l’UEFA, la pratique du jeu.

Genèse

Le Heysel, la retransmission des matches de championnat à la télé un peu partout et l’arrêt Bosman ont mis fin à la mondialisation du football à laquelle s’est substituée le mondialisme qui s’est peu à peu répandu dans le monde du football avec comme seul et unique objectif, l’uniformisation des règles, des enceintes sportives et, le plus important, la standardisation du jeu et des joueurs. 

Avec le recul du temps, l’objectif défini par les financiers de la planète football et le concours de millions de supporters ont été atteints. Toutes les différences culturelles qui définissaient à travers le football des pays ont été éradiquées. C’est au tout début des années quatre-vingt-dix que le jeu devient l’objet de toutes les attentions. Je reconnais un certain talent aux gouvernants, bien que ces derniers aient bénéficié de toutes les complicités avec des médias internationaux acquis à leur cause.

Avec la création de la Premier League, le ton est donné. Elle coïncide avec le retour des clubs anglais sur la scène européenne, soldé par quelques résultats, dont les deux victoires de Manchester United et d’Arsenal en Coupe des vainqueurs de coupes, en mode britannique. En quelques années, managers, joueurs et propriétaires de clubs anglais sont invités à quitter le monde du football professionnel britannique.

Le fait le plus significatif de cette offensive demeure l’intronisation de coaches étrangers venus apporter la bonne parole, celle de la FIFA. Cette dessiccation par l’intensification des transferts a gagné les autres championnats. On remarque une multitude de signes qui attestent d’un football sous tutelle.

En seulement deux décennies, avant-centre, ailiers et meneur de jeu disparaissent des terrains, remplacés par des joueurs ordinaires, non typés, techniquement moyens, dénués du sens du jeu. On remarque aussi que les défenseurs ne savent plus défendre. Un football pour imbéciles dirigé par une tripotée de bouffons qui hurlent sans arrêt sur onze pantins désarticulés et des présidents actionnaires liés à la société du dividende.

Avec un vivier autochtone de qualité, les formations espagnoles n’ont eu aucune peine à dominer leurs adversaires européens ayant mis fin à leur identité sur les deux dernières décennies. De s’être protégé sans pratiquer l’autarcie, le football espagnol s’est trouvé dans une position archi-dominante au milieu des années 2000. Club et sélection.

Depuis quelques années, en raison des pressions de la FIFA, le football ibérique s’est peu à peu soumis aux diktats généraux prônés par les organismes que sont l’UEFA et la FIFA. Les choses n’ont pas traîné, La Liga a perdu en qualité au point de piquer du nez dans certains cas. Quant aux grosses cylindrées, le Real Madrid a pour la première fois aligné onze joueurs étrangers dans le onze de départ. Quant à la sélection, elle suit la même courbe. Le niveau de jeu des finalistes qui ont disputé le dernier Euro et les différentes finales continentales en club sonne comme une confirmation.

Convergence

Malgré le calendrier dicté par l’oligarchie mondialiste, il y a encore des aspects cocasses nés de situations non maîtrisables. Ainsi, le club londonien d’Arsenal, qui avait été choisi pour être une des têtes de gondole du mondialisme par la FIFA, a été en moins de deux décennies retourné et ridiculisé par le canard boiteux de Chelsea.

L’idéologie globale est hostile à toute diversité réelle. Le football argentin, le dernier bastion, le plus coriace, est dans le viseur de la FIFA et de ses financiers.