Il est toujours difficile de se prononcer sur le déroulement de rencontres en regardant de simples résumés sur YouTube. Suite aux nombreuses polémiques qui entourent les deux clubs phares du championnat espagnol, j’ai donc dû me forcer à regarder quelques rencontres disputées par le Real Madrid et le FC Barcelone.
L’arbitrage en faveur des clubs de Madrid et Barcelone est une vieille histoire, fortement ancrée dans le paysage du football espagnol. Je l’ai traité. Maintenant, au vu des nombreuses polémiques, j’ai senti qu’une nouvelle étape venait d’être franchie. Le résultat est édifiant.
Sur l’ensemble des forums et sites d’information, les échanges portent sur le nombre de penalty accordés au Real Madrid, tout particulièrement. C’est une erreur, non pas que la plupart des coups de pied arrêtés sifflés en faveur du Madrid soient corrects, il n’y a jamais faute sur la presque totalité des actions, rien que pour la plupart, mais c’est sur d’autres détails que sont construits les succès du club blanc. Cela se traduit par un comportement des joueurs anormal. Pression avec des regroupements continuels autour de l’arbitre, des échanges verbaux tendus, la moindre faute de l’équipe adverse est considérée comme une atteinte qui mérite un jaune quand ce n’est pas le rouge qui est réclamé par les joueurs madrilènes.
Un comportement pressant et pesant qui s’ajoute aux actes d’antijeu en cascade fort peu sanctionnés par des cartons jaunes, là où les équipes adverses sont constamment réprimandées par des avertissements. C’est une situation compliquée pour les opposants du Madrid. Il en est de même pour les coups de pied arrêtés. Il ne faut pas grand-chose, parfois rien, pour que l’arbitre siffle un coup franc bien placé. Dans ce type d’exercice, le Brésilien Vinicius a trouvé un alter ego avec l’Argentin Mastantuono.
Les fautes qui ne se voient pas ne sont jamais sifflées. Jude Bellingham est un spécialiste du genre. Le nombre de coups que le joueur britannique assène, ni vu ni connu, durant une partie à ses adversaires, défie les lois du jeu. Un autre phénomène est apparu depuis la saison dernière. Le nombre de buts marqués entaché dans leur construction par de multiples fautes, et logiquement annulé. Une façon encore de mettre une pression supplémentaire sur l’arbitre. Un but non valider, oui, mais deux ou trois, et la cour européenne de justice est saisi instantanément.
Quand le Madrid considère qu’il est lésé, tout se met en marche. La chaine télé du club, les médias nationaux Marca et As qui roulent à 100 % pour le club et la « central lechera », une vieille officine de l’ombre, soixante-dix ans d’âge, dont l’activité consiste à arroser un nombre important de journalistes étrangers acquis aux intérêts du club madrilène, tournent à plein régime.
État du club
Il y a des années, j’avais énoncé le fait que l’actuel administrateur du club blanc poursuivait un seul but. Privatiser le club sur le long terme. En endettant au-delà du nécessaire le club auprès de banques newyorkaises, le Madrid est désormais au pied du mur. Les socios vont ravaler leur orgueil.
Sur le plan sportif, le club est dans le dur. Le nouvel entraineur Xabi Alonso a vite perdu ses illusions au sujet de l’équipe qu’il voulait aligner. Le jeune Gonzalo Garcia, œuvre de Raul, a été rapidement expédié sur le banc de touche, malgré un excellent mondial des clubs. Rien ne doit se mettre en travers de la réussite personnelle du Projet, et Perez a maté les Brésiliens. Résultat, Xabi Alonso est aux commandes d’une formation sans inspiration, sans cerveau, et donc, réduite à utiliser tous les coups tordus pour se maintenir aux premières places et dont la spécificité est de marquer des buts copiés-collés.
C’est de loin l’aspect le plus intéressant de l’histoire, car l’ensemble des clubs de Liga assume plus ou moins leur statut de sparring-partners. Les clubs sont tenus par une engeance d’affairistes étrangers le plus souvent, dont le seul but avoué est de parader aux côtés des Perez et Laporta dans l’espoir de nouer des contacts en matière d’affaires. La récente prise de contrôle du Sporting Gijón par deux Pepitos n’a provoqué aucune aigreur en moi. Cette surtension n’a aucun sens. Ainsi va le football espagnol, qui travaille lentement mais surement à sa propre destruction. Après tout, l’essentiel est conservé. Tebas vient de signer un contrat d’un milliard d’euros annuel en matière de droits TV, alors que le niveau général de la Liga dégringole, mais son image, représentation sur le terrain, se mondialise.
Le faux, ça rapporte gros.
