Au cours des décennies, le jeu a gagné en visibilité, en qualité et en termes de professionnalisme. Le matériel employé par l’ensemble des joueurs n’est pas étranger à ces sauts qualitatifs. Les ballons sont au centre de la métamorphose du jeu anglais à l’orée des années soixante. Oublier les vieux WM Sykes, désormais les Minerva, Zephyr et Mitre sont imposés par la ligue et la fédération pour les matches en championnat et en coupe.
Ses nouveaux ballons présentent une originalité. Ils sont légèrement plus légers que les ballons employés dans les autres championnats étrangers. Il facilite grandement le jeu aérien. Ils sont aussi un casse-tête pour les gardiens de but, car ils offrent aux tireurs des opportunités nouvelles. En fonction des trajectoires vicieuses et flottantes, ils sont difficiles à capter pour les gardiens.
Les chaussures à crampons ont aussi évolué. Il est loin le temps où les joueurs jouaient avec leurs chaussures McGregor montantes. Après la Deuxième Guerre mondiale, les fabricants Galo, Stylo, Dunlop ne cessent de produire de nouveaux équipements qu’ils comparent à ce qui se fait à l’étranger, avec notamment Adidas, la nouvelle marque qui se répand dans toute l’Europe. Ses nouveautés améliorent les performances des joueurs. Les gardiens de but, très exposés dans le jeu, sont dotés de nouveaux gants. Paradoxalement, certains portiers, avec l’utilisation de ses ballons légers, apprécient par moment, en fonction des températures douces, de jouer sans gants.
Durant les sixties, le jeu anglais pratiqué en club atteint son meilleur niveau. Les gardiens sont fortement sollicités. Le jeu aérien fait qu’ils sont soumis à une forte pression sur la ligne de leur but. Les moments de répit étaient rares, car à la moindre inattention, le fait d’être avancé faisait que le gardien était exposé à des transversales dont bon nombre allaient se loger au fond des filets.
L’arrêt de Banks au Mexique
Lors du Mondial 70 disputé au Mexique, le gardien de la sélection anglaise Gordon Banks réalise un arrêt qualifié d’anthologie par la presse internationale. « Banks a arrêté un but que Pelé a marqué. » La légende se met en marche. Pourtant, c’est faire abstraction d’un fait facilement vérifiable pour l’époque.
Comme l’ensemble de ses condisciples pensionnaires de la First Division, Gordon Banks se livrait à ce type de parade en championnat tous les week-ends. À cette époque, le portier britannique est bien plus proche du gardien de but qui évolue dans des disciplines telles que le handball et le hockey sur glace que du football.
Après réflexion, la parade de Gordon Banks amène une question. Celle que les sachants refusent de se poser. Y avait-il un autre gardien présent lors de ce Mondial au Mexique capable de faire la même chose que Gordon Banks ? La réponse est non !
