Avec la fin du premier conflit mondial, le football reprend ses droits dans tout le pays. Dans l’ensemble des clubs, toutes divisions confondues, on dénombre plusieurs joueurs tombés au front, ce qui oblige les coaches à piocher chez les jeunes pour constituer des onze de base.
Comme nous l’avons étudié précédemment, le football anglais se sépare en deux organisations distinctes. La fédération et la sélection qui restent dans les mains des élites du pays et les clubs et le jeu récupérés par les couches populaires.
Les années vingt entérinent les rapports de forces établis juste avant le déclenchement des hostilités. Les couches populaires ont pris le jeu en main, ainsi que la destinée des clubs. Les quelques industriels et millionnaires qui avaient investi dans des clubs vers la fin du XIXᵉ siècle se retirent peu à peu au profit d’entrepreneurs, de notables et de commerçants. Le football est loin d’être une activité florissante quand elle n’est pas déficitaire, malgré l’intérêt qu’il suscite dans les classes populaires.
Durant la période de l’entre-deux-guerres, le poste de gardien n’évolue pas. Le souvenir de Leigh Roose s’estompe et les entraineurs dans leur ensemble s’abstiennent de donner un rôle prépondérant au gardien de but dans le jeu, peu importe s’ils sont populaires. On note des séances d’entrainements poussées, les gardiens travaillent leur détente et leur sortie dans les pieds de leurs adversaires.
Durant les années vingt, le jeu gagne en précision. Des éléments tactiques sont introduits, tels que le WM. Toutefois, l’aspect tactique reste un élément substantiel dans le football anglais. Le jeu reste vertical. En sélection, le rôle du gardien est semblable à celui pratiqué en championnat.
Herbert Chapman qui émerge à Huddersfield, en tant que coach et secrétaire devient la figure centrale dans l’organigramme du club et endosse le rôle de manager. Il chaperonne toutes les opérations en matière de recrutement et impose une idée directrice en matière de jeu à laquelle toutes les équipes du club se conforment. Herbert Chapman qui n’a pas oublié Leigh Roose, fait le nécessaire pour que son gardien titulaire jouisse d’une certaine attention venant de ses adjoints. Chapman fait de son portier Ted Taylor un des joueurs clés de sa formation, et lui donne tout pouvoir sur sa défense. Outre Ted Taylor, un nombre croissant de bons gardiens de but apparaissent dans l’ensemble des clubs.
Les années trente sont un bouillon de nouveauté en matière de jeu. Tactique, condition physique, culture jeu, compétition. Toutefois, les Anglais ne changent rien à leur approche du jeu. On remarque que la numérotation qui apparait sur les maillots à cette époque ne concerne pas le gardien. Il n’y a pas de numéro un, inscrit dans le dos de l’homme au maillot vert immaculé.
La sélection qui fait office de valeur étalon utilise plusieurs gardiens entre les deux guerres. Vic Woodley se détache au milieu des années trente. Portier du FC Chelsea, Woodley possède tout le savoir d’un gardien anglais de son époque. Il devient titulaire permanent en sélection. Au point sur les balles aériennes, réactif sur sa ligne des six mètres pour réduire les angles face aux shoots instantanés, courageux dans ses sorties en plongeant dans les pieds de ses adversaires et excellent dans ses relances aux pieds.
Avec le déclenchement du deuxième conflit mondial, le football anglais s’arrête. Les compétitions sont interrompues et plus tard annulées, alors que dans les autres pays confrontés à la guerre on continue de jouer…
