25 janvier 2026

La réplique

L’information a pris tout le monde par surprise. Il y a quelques semaines, la famille Arnault, à travers le groupe Agache, une filiale de l’empire LVMH, s’est engagée à reprendre le club de football du Paris FC. Le monde du football professionnel est resté bouche bée par cette annonce, bien que l’intérêt de la famille Arnault pour le sport n’ait jamais été un secret. Maintenant, on comprend aisément la position des Arnault. Entre le Racing et le Paris FC, le choix a été rapide du fait de la situation des deux clubs. Le Paris FC est aux portes de la première division et affiche des structures qui permettent au club de se projeter vers l’avenir, alors que le Racing se traine dans les divisions inférieures.

Marier l’image de LVMH avec le football tient d’une démarche originale venant des Arnault. Néanmoins, les footballeurs actuels sont bien connus pour être de forts consommateurs de produits de luxe estampillés d’une marque du groupe LVMH, le plus souvent.

Antoine Arnault, fils ainé de la famille qui pilote le projet, a récemment dévoilé les premiers grands axes de la future stratégie du club au côté de l’actuel président du club parisien Pierre Ferracci. Rien de bien original n’est sorti de cette conférence.

Le stade semble être un gros point d’interrogation, car rien n’a réellement filtré sur le sujet. Entre jouer à Jean-Bouin, raser Charletty et construire une nouvelle enceinte, ou bien jouer au Parc des Princes, la nouvelle maison du club parisien risque d’être un casse-tête durant un temps. Néanmoins, je pense qu’Arnault vise le Parc à terme, une fois le PSG exilé dans un nouvel écrin en dehors de la capitale.

En fonction du carnet d’adresses des Arnault, la réalisation d’une enceinte moderne munie de deux cents loges à des prix élevés, auquel on ajoute le naming du stade, est une affaire cousue de fil blanc pour LVMH. Toutefois, en matière de football, Paris n’est pas Londres. Édifier un stade sur un terrain exploitable dans la capitale et c’est une nuée d’associations diverses qui se lèverait, utilisant mille et un arguments pour empêcher le projet de se réaliser. Enfin, les terrains disponibles pour une telle construction dans la capitale ne sont pas légion. Voilà pourquoi je pense que le club parisien nichera à terme dans un Parc des Princes réaménagé.

Quand on ausculte le projet en détail, on remarque bien évidemment la présence en tant qu’actionnaire minoritaire de la firme Red Bull. La marque de boisson gazeuse énergisante est déjà implantée dans le monde du football depuis des années. RB possède une certaine expertise dans le fait de recruter des jeunes joueurs, de les valoriser, puis de les revendre à des clubs en réalisant des plus-values. Enfin, c’est ce qu’ils prétendent, comme l’ensemble des clubs qui pratiquent cette politique de trading.

Or, ce n’est pas en investissant beaucoup d’argent ou de façon diluée que cela va fonctionner. Je ne doute pas que le PFC inscrira son nom au palmarès de la Coupe et du championnat de France, l’opposition est inexistante. Pour la Champions League, c’est une tout autre chose.

Croire que le Paris FC pourrait marcher sur les traces du club londonien de Chelsea tient de l’utopie. Quand l’affairiste Roman Abramovitch se porte acquéreur du club londonien, Chelsea n’affiche pas un palmarès renversant, mais c’est un club doté d’une grosse fan-base pourvu d’un stade refait entièrement et qui fait partie des clubs anglais pensionnaires depuis plus d’un siècle de la First Division, rebaptisée Premier League. Abramovitch n’a eu qu’à gonfler l’effectif, le reste a suivi.

Le FC Chelsea est le seul club du ventre mou du championnat anglais et de toute l’Europe qui s’est élevé et s’est hissé au niveau des clubs traditionnels qui trustent l’ensemble des titres en pratiquant cette politique de trading. En reproduisant cette stratégie que les Qataris ont mise en place au PSG, un concept qui se traduit par l’absence d’une culture-jeu de fond, la marge de réussite est faible.