20 février 2026

La photographie est un art par Don Morley

C’est à l’âge de onze ans que Don Morley attrape le virus de la photographie. Né en 1937 dans le Derbyshire, fils d’une famille aisée, le jeune Morley trouve dans la photographie une forme d’éveil. Adolescent, il est peu intéressé par l’école, à l’exception des arts plastiques et du sport. Peu après, il se découvre une passion pour la moto et il acquiert une BSA 500 cm³ au grand dam de son père qui le destine à une carrière d’ingénieur dans le rail. À dix-sept ans, Morley opère en freelance pour un premier magazine, puis pour des journaux locaux. C’est le début d’une longue ascension qui va le mener loin.

Il faudrait une dizaine de textes pour énumérer les réalisations de Don Morley dans le monde de la photographie. C’est dans le domaine du motocross, sa grande passion, que Morley fait ses armes. Durant un temps, Morley hésita entre la profession de photographe et sa passion pour la course de motocyclette, dont le trial. Sans argent, il privilégie la photographie sans pour autant abandonner sa discipline favorite. Il tisse des liens avec les participants et pratique lui-même le trial en amateur. Morley n’en reste pas là, il couvre les Grands Prix motos et F1 pour un média national. Ses photos deviennent rapidement une référence dans le monde des sports mécaniques.

Morley profite de sa renommée pour s’ouvrir à d’autres horizons que le sport. Il immortalise les Beatles et d’autres vedettes de la scène musicale. Il observe d’autres disciplines sportives et colle aux gants de Mohammed Ali. Il suit le circuit ATP  et plusieurs coupes du monde de football et remporte une quantité de prix.

Ayant pratiqué l’athlétisme dans sa jeunesse, il couvre les JO, notamment. En 1972, il se trouve à Munich au moment de la prise d’otages de neuf otages israéliens par un groupe terroriste baptisé « Septembre noir ». Morley se positionne à quelques dizaines de mètres des preneurs d’otage et des prisonniers et réalise une série de clichés qui se répandent dans l’ensemble des médias internationaux. Sa renommée est telle qu’il est sollicité pour accompagner la campagne électorale qui amène Margaret Thatcher au 10 Downing Street.

Sa carrière est jonchée de récompenses multiples, au point où il sert de support publicitaire pour des firmes comme Olympus, vantant les caractéristiques du dernier modèle de la marque disponible sur le marché. Toutefois, malgré une odyssée fort riche dans le monde de la photographie, Morley ne s’est jamais détourné de sa passion initiale, le motocross, au point de s’être constitué une collection impressionnante de deux-roues de toutes sortes, dont certaines très recherchées.

L’odyssée de Don Morley dans la photographie est aussi liée à l’évolution du matériel employé au fil des décennies. À ses débuts, il utilise le format sur plaque de verre. C’est pour Morley le meilleur des apprentissages, car limité par le nombre de clichés qu’il peut prendre. Minutieux, il prend soin de développer lui-même le fruit de son travail.  Peu après, il opte pour la pellicule et, bien plus tard, il utilisera le numérique. Grand bavard, un humour naturel à tout instant, au milieu de son garage rempli de Norton, Triumph et de Royal Enfield, Don Morley reste un témoin privilégié de son époque.