12 mars 2026

Ferrari : le film

Adaptée au cinéma, la vie d’une figure du sport mondial du passé reste à ce jour un tour de force. Avec la réalisation du film Ferrari, qui se concentre sur la personnalité du créateur de la firme de Maranello, le réalisateur Michael Mann a réussi son pari.

Pour ce biopic, le réalisateur nord-américain a centré son histoire sur un épisode épique dans l’histoire de la glorieuse maison Ferrari.

Au cours de l’été 1957, la firme Ferrari traverse une période douloureuse. Si depuis une dizaine d’années, la petite entreprise au cheval cabré est allée de succès en succès, la faillite de la société se profile du fait que les ventes de l’usine de Maranello ne sont pas assez importantes pour couvrir l’argent investi dans le  département course.

Enzo Ferrari décide de jouer le tout pour le tout dans la prestigieuse Mille Miglia, la grande épreuve de route en alignant quatre voitures.

Il n’y a rien à dire de négatif sur les scènes de course. C’est du positif, du sur-mesure et ça mérite d’être souligné. L’épreuve des Mille Miglia est filmée avec une rare maestria. Mann, avec l’expérience acquise avec le Mans 66, a réussi son pari, tant sur le plan technique que sur le plan esthétique et historique.

Mann a mis du temps pour mettre en œuvre son projet, et ça se voit à l’écran. Le film est visuellement parfait, les profanes de la firme au cheval cabré et du sport automobile ne peuvent qu’apprécier cette œuvre. Une production dont le résultat s’adresse à un public averti et non à ceux qui ne regardent que la Formule 1, le  dimanche à la télé.

La formule monoplace est peu abordée dans le long métrage. Michael Mann a centré son histoire autour des Mille Miglia qui est l’ADN de la firme de Maranello. Le mythe Ferrari s’est construit à travers les grandes épreuves de route. Mann a été respectueux de cet aspect central dans l’histoire de l’entreprise Ferrari.

Le comédien Adam Driver fait partie des notes positives de cette production. Michael Mann n’a pas commis l’erreur d’employer un acteur chevronné. Un temps annoncé, Christian Bale avec lequel Mann a produit le Mans 66, renonce au projet. Quant à Robert de Niro et Al Pacino, imaginés par des gens de la profession, Mann a écarté cette idée de peur que le film tourne à une vulgaire bouffonnerie. Adam Driver se fond dans les habits du commendatore avec fluidité. Il ne surcharge en rien un personnage passé depuis fort longtemps à la postérité.

Évidemment, du fait que la production de Michael Mann est avant tout une fiction, bien que très respectueuse sur certains détails, le contenu prend parfois certaines libertés avec le fait historique. Néanmoins, il ne s’agit en rien d’un handicap.

L’adaptation d’un personnage historique au grand écran est rarement une réussite, c’est néanmoins le cas avec ce biopic sur Enzo Ferrari.