25 janvier 2026

Tribune au pas

Récemment, des règlements de comptes et des arrestations ont mis au jour ce que les gens qui fréquentent les tribunes des stades transalpins subodoraient depuis longtemps.

J’ai lu attentivement, le compte rendu fait par les experts de la presse hexagonale. Hormis quelques articles, des copier-coller provenant de journaux italiens, des dépêches AFP recopié par l’ensemble des organes de presse et les deux sociologues de services pour apporter la lumière, rien de nouveau.

J’ai déjà traité il y a des années le sujet portant sur le mouvement ultra en Italie. Sa genèse, son succès, l’objectif à atteindre par ses meneurs et sa mise en échec par des officines politiques mandatées par l’État italien. Depuis, aucun sociologue, grand spécialiste de la question n’est venu m’apporter la contradiction !

Avec la pénétration de la mafia dans les virages de certains clubs transalpins, et vu la manière dont cela a été une fois de plus traité par les médias, il m’était donc nécessaire d’apporter une nouvelle compréhension de ce qui se passe dans les tribunes des stades italiens.

La présence de la mafia à la tête de groupes ultra serait due aux importants revenus secrétés par les organisations de supporters. Un marché alléchant avec des promesses de gains importants.

Le problème est que l’on ne dérange pas la mafia pour toucher des pourboires. Simple rappel, en fonction de leurs nombreuses activités, ces organisations criminelles génèrent des centaines de millions et des milliards d’euros chaque année. Alors, les groupes de supporters et tout ce que cela demande en termes d’implication, sans oublier l’exposition médiatique que cela produit, ce soudain intérêt économique de la mafia pour les tribunes ne tient pas debout.

Cette présence de la mafia à la tête de groupes de supporters est due à l’action des autorités politiques du pays. Après avoir mandaté massivement des groupuscules d’extrême droite et d’extrême gauche dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix pour détruire l’autonomie des groupes ultras, car les politiques étaient effrayés par la possibilité de voir la masse prolétaire indépendante s’exprimer hors des systèmes de représentation incarnée par la gauche et la droite traditionnelle et leur extrême respective, les politiques pensaient avoir gagné la guerre des tribunes pour à terme imposé leur football moderne.

Or, depuis la dernière décennie, les autorités locales ont constater que la gestion des groupes de supporters laissés aux extrémistes de droite et de gauche avait changer de nature et son apparu de multiples problèmes.

Face à cette situation problématique, les autorités ont fait appel à la mafia pour écarter la présence des leaders des groupes et encadrer les tribunes avec en retour des avantages octroyés à ses organisations criminelles.

La corruption et la récupération des chefs et responsables de groupes de supporters n’a pas été bien difficile. Une fois coopté, le nettoyage a suivi. Évidemment, tout n’est jamais parfait dans ce type d’opérations. Peu importe les dégâts collatéraux et les nombreux moyens de diversion employés, bagarres et cris de singes entre autres, seul le résultat compte. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Les tribunes des stades transalpins sont calmes et, plus que jamais, acquises à un football mondialisé.

On remarque des rencontres de championnat jouées le lundi à 18 h 30 et une deuxième à 20 h 30 pour les besoins de la télévision, avec le plus souvent des équipes qui n’alignent aucun joueur transalpin sur l’aire de jeu. Le pékin chinois qui s’abonne pour consommer du football italien se sent moins étranger.

Un Calcio amorphe, sans identité, et des tribunes non-contestataires alignées sur les politiques atlantistes et pro-Otan. Les ultras de la Roma ont même été jusqu’à apporter leur aide aux Ukrainiens. Eux, qui jadis auraient déployé des centaines de drapeaux palestiniens et soutenu la Russie dans son opposition contre les USA et leur succursale l’Otan. La mafia, c’est faire le job, tout simplement.