25 janvier 2026

Ses histoires de streaming

En fonction de la crise liée aux droits télé, les plates-formes de streaming font désormais office de recours pour ceux qui suivent leur club en L1, vu les tarifs exigés par les opérateurs.

Curieux de prendre la température, je suis allé voir sur un site, ce qu’il proposait. Un service complet avec plusieurs rencontres au programme et des retransmissions de meilleure qualité de ce que j’ai pu voir il y a quelques années.

Je clique sur la rencontre qui oppose la Juventus de Turin à l’AS Roma. Une dualité qui sent toujours le souffre, enfin presque, car la totalité des joueurs allogènes qui composent les deux équipes se foutent du contentieux historique qui existe entre les deux clubs.

Le football est une affaire de résultats, de style de jeu, de beaucoup d’autres choses encore, néanmoins l’esthétisme demeure un marqueur fondamental. Dans ce domaine, certains clubs italiens se livrent à une course effrénée. Engoncés dans des tenues ridicules, la laideur ne leur fait pas peur, les deux formations jouent à la baballe. Un stade quelconque où une jambe ne dépasse pas l’autre, des joueurs robotisés sans particularités aucunes, deux idiots qui s’agitent sur le banc de touche, et rien d’autre. Pauvre Calcio… Je lâche au bout de trois minutes. Dégueulasse !

Peu après, je vais un tour sur un autre lien. Roulement de tambour, le Madrid affronte le Betis Séville. Au vu de ce que  la presse raconte, il y a des malaises au sein de la maison blanche. Ce n’est rien vu que le Madrid démarre toujours ses saisons avec un club sévillan au programme. C’est un moyen d’obtenir trois points sans  réelle opposition et ainsi apaiser les tensions en cas de mauvais départ du club dans son championnat. Une très vieille histoire entre le Madrid et les clubs sévillans. 

Les deux équipes arborant des tenues fluorescentes sont invisibles à l’écran. Dès la troisième minute, l’arbitre du soir ne prend pas soin de vérifier la Var suite à une faute commise par le gardien du Madrid. Il y a faute et donc penalty. Les joueurs du Betis ne protestent pas. Là encore, un stade zombifié et tout le monde à sa place. Je tiens trois minutes et trente seconde, pauvre Liga. Dégueulasse, je ferme le stream. Voir des rencontres truquées, les mêmes actions et les mêmes buts un peu partout ne m’inspire que rejet !

Tard dans la soirée,  je vais sur un lien argentin avec au programme le club de l’Independiente opposé à River Plate. Le stade du club rouge n’est pas totalement rempli, les conséquences de la crise actuelle, néanmoins, la hinchada du Rojo se déchaine, et ce, malgré un temps maussade, c’est l’hiver en Argentine. Entre papilletos et fumigènes, les équipes rentrent dans leurs tenues traditionnelles sur le terrain. Quelques hommages et la partie commence.

Le football argentin et ma personne, ça tient à une vieille histoire, à une passion de jeunesse qui ne s’est jamais éteinte. Peu importe si, durant mes jeunes années et bien après,  j’ai dû me contenter de quelques bribes, ici et là.

En fin de semaine,  il y a parfois une rencontre intéressante, diffusée dans la nuit, alors je zieute en partie le match avec le commentaire local. Le football argentin est un malade permanent, cependant, il possède cette particularité et se mérite de ne pas changer sur certains aspects. Cette propension à se suffire à lui-même, malgré le pillage qu’il subit, rend haineux une multitude de crétins dans les médias et tout se qui sévit sur les forums en Europe.  

Sur le terrain, ça ne plaisante pas. Aucun round d’observation, les deux équipes se rentrent dedans. Je m’enfonce dans la nuit, tranquillement, aux grès des expressions artistiques déployées par les joueurs des deux formations, aux gestes vilains de certains besogneux de service, d’action improvisée hors des circuits habituels, et des inévitables polémiques avec l’arbitrage, c’est le pays du futbol !

L’arbitre siffle la fin de la partie. Il n’y a pas eu de but, ce n’est pas bien grave, la rencontre fut animée. Je ferme tout et je m’en vais dormir en me disant une fois de plus que ce vieux flirt est toujours vivace…il est éternel !