Il est communément accepté dans le monde du football que l’entraîneur britannique Herbert Chapman est l’homme qui a façonné le club d’Arsenal dans les années trente. Ce qui est un fait vérifiable. Néanmoins, Chapman, qui apparait à distance dans les différents classements au sujet des meilleurs entraineurs toute époque confondue, mérite un tout autre regard que celui qui lui est perpétuellement accolé dans la presse internationale. La manière dont est décrit Chapman au travers de ce classement correspond à ce que l’on trouve sur l’homme et son odyssée dans le monde du football un peu partout, hors d’Angleterre.
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Joueur professionnel et défenseur honorable, Chapman, en fin de carrière, s’engage en 1907 pour le club Northampton Town, membre de la Southern League. Trois ans après, il raccroche les crampons et devient l’entraîneur en chef du club. Pour Chapman, qui a de la suite dans les idées, le petit club de Northampton devient une sorte de laboratoire. Il peut ainsi utiliser un club sans ambition et mettre en application un tas d’idées qui ont germé en lui, alors qu’il était joueur professionnel.
Comme nous l’avons précédemment constaté, impressionné par le gardien Leigh Roose et son impact sur le jeu, Chapman décide de faire de son portier un joueur clé de son équipe. Rapidement, il met la main sur quelques défenseurs rugueux et instaure un concept où tout le jeu de son équipe repose sur la motricité de sa défense. Il replace ses milieux proches de ses défenseurs et laisse le plus d’espace à ses attaquants. Les résultats de Northampton sont meilleurs, mais Chapman se trouve coincé dans un club qui n’est pas encore membre de la Football Association.
Il ne reste pas longtemps à Northampton et signe pour le club de Leeds City. Après une première saison où il fait connaissance avec son effectif, il déchante rapidement en raison du déclenchement de la Grande Guerre. Directeur dans une petite usine d’armement, il consacre son temps libre à peaufiner ses idées sur des feuillets. La guerre finie, les choses ne s’arrangent pas. Alors qu’il reprend les rênes de Leeds City, il décide de lâcher son poste au bout de quelques mois, et devient sous-directeur dans une usine de cokerie. Chapman ne donne aucune justification à son départ, cependant, quelques mois après, le club de Leeds City fait l’objet d’une action en justice de la FA. Le club est poursuivi pour des irrégularités financières. Le board de Leeds City aurait rémunéré des joueurs lors de rencontres amicales durant la guerre. Le club est liquidé et ses dirigeants, dont Chapman, sont radiés. Dissous, le club est rapidement réorganisé, il garde son stade d’Elland Road et ses couleurs. Seul le patronyme de City est remplacé par United.
Une année passe, où Chapman rumine ses années perdues, car il est innocent des faits qui lui sont reprochés. Toutefois, une éclaircie arrive en la personne d’Ambrose Langley, coach et membre du board du club d’Huddersfield Town. Langley connait depuis de longues années Chapman pour avoir joué avec son frère notamment. Langley pousse ses amis du board du club du Yorkshire à intervenir auprès de la FA pour qu’elle lève sa suspension et réintègre Chapman dans le monde du football professionnel anglais. Quelque temps plus tard, Chapman voit sa suspension être levée et rejoint aussitôt le club d’Huddersfield.
Ainsi, Chapman intègre un club qui évolue dans l’élite du football anglais, en First Division. Adjoint d’Ambrose Langley qui ne se considère pas fait pour le métier d’entraîneur, ce dernier souhaite que Chapman prenne sa succession.
En retrait lors de ses premiers mois au sein du club, Chapman observe l’ensemble des équipes adverses et repère le moindre joueur qui pourrait servir le système de jeu qu’il compte mettre en place. Au mois de mars, Langley rend son tablier au board, Chapman se trouve désormais aux commandes du club.
