25 janvier 2026

Dissolution du vide

C’est dans l’air du temps. L’actuel ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau étudie, avec ses collaborateurs, la possibilité de dissoudre certains groupes de supporters. Ce dernier considère que certains groupes ultra affichent des accents de hooliganisme. Je ne vais pas commenter ce type d’affirmation, car je ne fais pas attention à ce qui se passe dans les stades de l’Hexagone et je me contente de ce que la presse rapporte brièvement. Ceci étant, je remarque qu’il s’agit d’histoires similaires.

Hooliganisme et donc volonté de dissoudre, mais pour quel résultat ? Donner à ses organisations de supporters l’opportunité de se victimiser tout en leur donnant le rôle de jouer les résistants face à un ordre répressif fantasmé. De la mise en scène, tout simplement. L’essentiel pour tous les acteurs du monde du football français est que la tribune soit sous contrôle. C’est le cas.

Certes, les polémiques à répétition ne cessent d’obstruer le paysage de la L1. Je laisse de côté l’hyperviolence omniprésente dans le football amateur et que la presse institutionnelle se garde bien de rapporter les faits chaque week-end, car ce n’est pas l’objet du sujet.

D’après les experts de la presse spécialisée en matière de football et de supportérisme, l’ensemble des groupes visés par le ministère de l’Intérieur ne peuvent pas être mis sur un même pied d’égalité, parce que certains groupes ultras n’affichent pas la même étiquette politique.

Le simple fait d’avancer ce type d’argument disqualifie instantanément les analystes qui dépeignent la situation. Il n’y a pas de bon groupe, ceux classés à l’extrême gauche et les mauvais classés à l’extrême droite. Simple rappel. En Italie, des officines d’extrême gauche et d’extrême droite ont été utilisées et mandatées par les élites politiques du pays pour détruire certains groupes ultras, coupables d’être autonomes et opposés radicalement aux promoteurs du football moderne.

La totalité des organisations de supporters qui se proclament ultras en France ont à plusieurs reprises été en butte avec le système qui régule l’activité du football hexagonal, mais ils n’ont jamais été opposés au football de l’après des années quatre-vingt-dix.  Tant qu’ils se cognent dessus, qu’ils s’excitent sur la gouvernance du football, qu’ils s’étripent pour de petits avantages, tout va pour le mieux.

Certaines menacent de s’autodissoudre et d’opter pour un supportérisme libre à l’anglaise. Bonjour les déplacements. Tout ça est une comédie de plus. Les organisations de supporters en France ne sont en rien dangereuses pour l’écosystème du football mondial.

Toute cette agitation autour de la tribune poursuit un objectif. Fixer les règles en matière de débats et d’affrontements, pendant ce temps, le football FIFA continue avec une détermination sans faille son odyssée destructrice.