25 janvier 2026

Pat jennings

 De nos jours, Pat Jennings demeure une des plus grandes légendes du football britannique. Ce natif de Newry venu au monde après la fin du deuxième conflit mondial, choisit dans un premier temps la voie du football gaélique puis revient au football avant d’atteindre l’âge adulte. Dans les rues de sa ville natale puis en club, il trouve sa voie en jouant dans les buts. À l’âge de dix-huit ans, il débarque dans la capitale du Royaume-Uni avec un contrat en poche qui l’envoie au club de Watford qui évolue en troisième division.

Part Jennings ne sait pas encore qu’il changera à deux autres reprises de club dans le futur et qu’il a signé à vie avec la City pour le restant de sa future et longue carrière. En 1963, il débute pour le club de Watford, il montre rapidement l’étendue de son talent, suffisant pour convaincre Bill Nicholson, le manager des Spurs de Tottenham. Ce dernier fait une offre que le voisin londonien ne refuse pas, ainsi que Jennings. C’est une magnifique opportunité que ne manque pas de saisir le jeune irlandais avec les Spurs, il intègre le haut niveau et joue dans une des cinq meilleures équipes du championnat.

Tottenham

Jennings possède une excellente prise de balle, accompagnée de réflexes qui aident à construire sa renommée au fil des années. Sa vision du jeu est excellente, il participe au jeu de son équipe et se fond parfaitement dans le rôle du gardien-libero. Tottenham joue le push and rush, sa relance très soignée au pied ou à la main est précieuse pour son équipe. Il n’abuse en aucun cas des sempiternels dégagements au centre du terrain. Jennings ne cesse d’évoluer, il travaille à l’entrainement ses sorties dans le pied de ses adversaires. Le « kick n’rush » l’oblige souvent à se confronter à ce fameux duel, gardien, attaquant. Outre ses extraordinaires réflexes, Jennings se fait aussi remarquer par ses magnifiques envolées et fait preuve de grâce et de sûreté…

Avec le temps, il ne cesse de se bonifier et c’est tout naturellement qu’il intègre la sélection nord-irlandaise. Durant la saison 1967, il remporte son premier grand titre avec une victoire en Cup. Trois mois plus tard, il réalise un coup incroyable lors de la traditionnelle partie qui ouvre la saison à Wembley face à Manchester United pour le compte du Charity shield. Une fois n’est pas coutume, il décide de dégager la balle le plus loin possible et là, l’incroyable se produit. Le cuir monte très haut, puis rebondit et lobe le goal d’United Nigel Stepney. La qualité des ballons anglais légèrement plus légers et produisant des trajectoires flottantes y était pour beaucoup.

Avec la sélection irlandaise, il est malheureusement privé d’une participation à la Coupe du monde. L’effectif est un peu tendre, car excepté George Best son ami, la formation nord-irlandaise est limitée pour pouvoir passer les éliminatoires. En championnat, les duels avec United sont épiques, car Jennings et Best ne cessent de se chercher, chacun essayant de prendre le dessus sur l’autre, mais à l’arrivée, rien n’entame leur amitié. Après 591 rencontres toutes compétitions confondues, une Cup, deux League Cup et une Coupe de l’UEFA à son palmarès, Jennings quitte durant l’été 1977 les Spurs pour le voisin honni Arsenal.

Arsenal

L’offre des gunners est acceptée par les deux parties, car le board de Tottenham pense qu’à trente-deux ans, le vaillant Irlandais est sur le déclin. Pour Jennings, c’est une possibilité de montrer qu’il n’est pas encore fini et puis, il évolue dans les rangs d’une des meilleures formations du pays.  Après avoir enchanté les fans de White Hart Lane, l’Irlandais fait les délices d’Highbury. Il démontre à ses détracteurs qu’il possède encore toute sa classe dans une équipe où il s’adapte assez facilement. Avec les gunners, il remporte encore une FA Cup et échoue dans une finale de Coupe d’Europe face au FC Valence.

Jennings raccroche les crampons en 1985 avec 327 matchs au compteur pour Arsenal, puis intègre la réserve de Tottenham, son ancien club où il entretient sa forme en vue du mondial mexicain. Il connaît tardivement avec la sélection irlandaise le rêve de disputer une phase finale de Coupe du monde. À l’âge de trente-sept et de quarante et un ans, il participe aux campagnes espagnoles en 82 et mexicaines en 86, il reste par la suite encore une dizaine d’années dans son club de prédilection et s’occupe des jeunes gardiens.

Ses formidables envolées, ses fameuses parades, son professionnalisme, sa droiture et sa simplicité manque terriblement au football britannique et au football tout court.