La chaleur est présente sur le stade de Sarria en cet été 1982. Ce jour-là, se joue sur la pelouse du terrain du club du Deportivo de l’Espagnol de Barcelone se dispute un quart de finale de ce Mondial ibérique avec au programme un incroyable Brésil-Italie qui va rentrer dans la légende. La squadra azzurra requinquée après un premier tour assez passable remporte la rencontre par trois buts à deux à la surprise générale, retrouvant par la même occasion son buteur Paolo Rossi revenue de l’enfer.
Mais l’analyse et la relecture du match laissent apparaître un fait d’importance. Et cela à cause d’un joueur évoluent sous la tunique bleue, Bruno Conti. Durant toute la rencontre, le romain oriente les débats sur le plan technique face à l’armada brésilienne. Le premier but qu’il emmène est symptomatique de son talent et son emprise sur la rencontre.
Récupérant la balle au cinquante mètre, il pénètre dans le camp auriverde écartant tour à tour Cerezo et Eder puis bombe le torse, il toise l’adversaire de sa foulée et son regard panoramique, il effectue une transversale millimétrée pour le défenseur Antonio Cabrini. Ce dernier centre et Rossi marque de la tête. On joue depuis cinq minutes et le lutin romain vient de montrer d’emblée qui est le brésilien sur le terrain.
La dream team brésilienne reviendra deux fois au score, mais rien à faire faire la Nazionale se défend bec et ongle n’hésitant pas à attaquer. Discipliné au tour de son élégant meneur de jeu Giancarlo Antognoni, les Marco Tardelli et les autres joueurs se libèrent durant ce match et laissent le petit Bruno Conti faire son numéro de soliste au milieu et au en attaque. Conti est la caution technique et créatrice dont ont besoin ses équipiers pour faire face aux auriverde. Le gaucher romain anhile toute forme d’appréhension chez ses partenaires face à l’ogre auriverde déjà promis au titre par l’ensemble de la presse mondiale.
Plus tard arrive ce qui peut constituer le plus beau des hommages sur le talent du petit romain. Le charismatique Télé Santana sélectionneur des auriverde lâche une phrase qui en dit long. Roberto Falcao m’avait prévenu. Conti est un joueur phénoménal et il va être notre principal problème durant toute la rencontre. La vérité c’est que je ne pensais pas que ce joueur était si fort. On n’a rien pu faire.
Bruno Conti vient au monde en 1955 dans le village de Nettuno proche de la capitale italienne. Comme tous les gamins de son âge, il s’adonne au football. La balle fait partie très tôt de ses hobbys favoris car le gamin nourri aussi une passion pour le Base-ball. Il joue très sérieusement à ce jeux jusqu’au jour où un scout américain en vacance le remarque et ne perd pas de temps pour aller voir la famille en leur disant que le jeune adolescent avait un tel niveau qu’il pouvait intégrer les ligues mineures pour parfaire sa formation et jouer en Major League. Le rêve américain semblait a portée de doigt, mais finalement c’est le football qui à raison. À la satisfaction de son père qui est un grand romanista, il intègre les équipes de jeune de la Roma, puis les professionnels. Il fait ses débuts en série A, durant la saison 1973.
Au départ, il n’est pas pris très au sérieux, car petit de taille et puis son style fait penser à un joueur de cirque. Pourtant, il est déjà un fuoriclasse, mais il fait deux allez et retour au Genoa. Avec l’arrivée du baron Nils Liedholm à la barre du club romain, tout change. Conti devient l’un des maîtres à jouer de la squadra giallorossa. La suite on la connaît avec les Falcao, Pruzzo et Ancelotti entre autres il fait les beaux jours de son club durant une quinzaine de saison, mais aussi celui du football italien et encore plus important, celui du jeu, avec son style proche de celui de Maradona.
Après sa carrière ce grand affectif devient responsable du centre de formation de son club éternel et viendra souvent donner un coup de main au professionnel dont il finit par prendre les rênes pour un intérim durant quelques mois.
De mémoire je ne me souviens pas d’avoir vu évoluer un joueur possédant un tel pied gauche et le fait d’avoir un pied droit aussi parfait. Souvent taxé de joueur fantaisiste par quelques détracteurs, Marazico fut un petit favori dans beaucoup de cœur d’amateur de football en Italie et au-delà de la péninsule. Une victoire se doit toujours d’être belle et beaucoup ont glosé sur le triomphe des Italiens durant le mondial 82 et c’est sans doute pour cela que Bruno Conti fut tant aimé, il symbolisait en quelque sorte cette caution morale que tout champion du monde a besoin d’avoir, quel qui soit…
Bruno Conti s’est aussi une relation charnelle avec le public romain…
